Étudiant en physique
Ce titre est volontairement choquant mais résume parfaitement ma pensée. Je ne parle pas ici dans un contexte général, dans l'absolu oui, réduire la souffrance des animaux humains ou non humains est une bonne chose, mais ce n'est pas la justification d'un point de vue végan.
Beaucoup de défenseurs du véganisme (dont moi-même dans un précédent billet de blog) utilisent un argumentaire qui se résume ainsi "L'élevage est mauvais, regardez cet animal souffre, on lui a fait x ou y", et je ne nie pas que l'élevage actuel est responsable d'actes de cruauté inhumains, que ce soit la castration ou l'ablation de la queue (généralement à vif) des porcelets, la découpe des becs des poules, retirer les cornes des vaches, l'entassement des animaux à des densités innacceptables, les forcer dans des conditions insalubres et parfois sans fenêtres pour voir la lumière du soleil, l'abattage dans des conditions illégales qui engenfrent des morts longues et douloureuses. Toutes ces pratiques existent et sont documentées, parfois considérées comme nécessaires, mais quelqu'un qui dit un argument de la sorte se voit généralement contredire par quelqu'un qui comme par magie ne mange que de la viande provenant de la ferme d'un de leur proche où il voit les animaux et assure avec aplomb qu'il sait qu'ils ne sont pas maltraités ou alors qu'il ne mange que de la viande venant de sa chasse d'animaux sauvages. Le végan rétorque alors que c'est improbable que son interlocuteur vérifie à chaque fois qu'il mange en public la provenance de sa viande dans un restaurant. Le végan part alors en ayant très probablement raison, mais l'interlocuteur lui repart aussi en se pensant victorieux, ils ne pensent vraiment pas à tout les végans.
Le végan n'aurait-il donc pas pu faire mieux ? N'y aurait-il pas un argument plus fort, un point de vue indéboulonnable par de simples hypothèses. Je dirais que oui, il y a quelque temps j'ai posté un autre billet de blog où j'y raconte une vie fictive parfaite d'une vache (même si l'argument marcherait pour un autre animal, l'espèce exacte n'est pas mentionnée), cette dernière a de l'espace pour profiter, est en sécurité, a des conditions de vie parfaitement agréables toute sa vie, mais pour autant elle est mise à mort de façon prématurée. Et c'est cette mise à mort qui est intrinsèquement problématique avec l'exploitation animale, c'est l'idée que c'est à un humain de décider si oui ou non un animal non humain a le droit de vivre, un animal qui au vu de nos connaissances actuelles, possède des capacités intellectuelles majeures, capables de connexons complexes, de pensées. Mettre à mort un animal qu'il ait eu une vie agréable ou non est un acte immoral, comme ça le serait pour un humain (excepté dans le cadre du suicide assisté qui est un cas complexe) ou pour un chat ou un chien, puisque l'argument du véganisme c'est l'antispécisme, l'espèce n'est pas un critère suffisant pour permettre l'exploitation et la décision de vie ou de mort d'un animal.
Cela pourrait passer comme un argument déontologiste, il n'est jamais acceptable de tuer un animal, comme un modus tollens basique, il est immoral de tuer un être sentient, or les animaux non-humain ont une sentience donc il est immoral de tuer des animaux non-humains. Mais et c'est là que c'est plus intéressant, on peut justifier d'un point de vue conséquentialiste ou utilitariste, un contradicteur pourrait dire que la consommation de produits d'origine animale leur procure du plaisir (implicitement, c'est l'argument qu'invoque ceux qui disent "oui mais moi j'aime trop la viande") mais dans ce cas il est à leur charge de justifier le coût moral de leur acte, l'utiliité marginale qu'apporte un steak ou un fromage (utilité apportée par le steack moins l'utilité apportée par une alternative végane) par rapport à la perte de bonheur possible d'une mort prématurée pour l'animal sachant que ce soit à la chasse ou dans les élevages mais les animaux sont tués à un âge jeune par rapport à l'espérance de vie d'un animal, souvent au mieux au quart de leur vie souvent plus jeune, la perte d'utilité probable même en considérant que les animaux non humains ayant des capacités intellectuelles plus limités que celles des humains ne peuvent pas autant profiter de leur vie qu'un humain.
Et c'est donc pour toutes ces raisons que d'un point de vue déontologiste ou conséquentialiste, avec ou sans souffrance pendant l'élevage (ou leur vie sauvage pour la chasse) que l'exploitation, et donc l'idée que l'humain a un droit de vie ou de mort sur les animaux, est immorale.